J’ai eu la chance, il y a deux ans, de partir 5 mois en Irlande, à Dublin, en Erasmus. Le pays de la Guinness, des lacs du Connemara, de U2,… un pays qui a connu un boum économique incroyable durant les années 90, le « Celtic tiger », grâce, notamment, aux aides européennes, les fameux fonds structurels. D’après la légende, fin des années 90, il fallait 2 jours à un migrant pour trouver du travail. En 2007, deux semaines. Un régime très intéressant s’appliquait aux entreprises, et aux travailleurs étrangers : l’absence presque totale de charge fiscale. Des dizaines de multinationales venaient s’installer, des milliers d’étrangers également, attirés par les salaires mirobolants. Parmi mes colocataires par exemple, un charpentier, polonais, gagnait 3000 euros par mois.
Le centre de Dublin, particulièrement le quartier de Temple Bar,
bien connu des touristes et des fêtards, était peuplé à plus de 50 % de personnes provenant des quatre coins du monde. Ce fut vraiment une expérience extraordinaire de découvrir toutes ces cultures différentes, le campus et l’université à l’anglo-saxonne, la Saint-Patrick, de magnifiques paysages,…
Mais, et aujourd’hui plus que jamais, il y a l’envers du décor. Un système dual, public et privé, que ce soit par rapport à l’enseignement, à la sécurité sociale, aux soins de santé,… J’ai un jour, pour un problème de santé mineur, du me rendre aux urgences dans un hôpital public, où j’ai attendu pendant des heures dans une salle bondée, encombrée de lits et de chaises roulantes, de gens qui gémissaient ou hurlaient de douleur, trop peu de personnel pour s’occuper d’eux, et je vous épargne les détails… Coût : 60 euros. Je vivais également dans un quartier pauvre proche du centre mais difficile d’accès car il était emmuré, littéralement. Bagarres et feux de joie au milieu de la rue étaient monnaie courante. Mon ami et colocataire charpentier, dont j’ai parlé plus haut, travaillait 50 heures/semaine, et ne bénéficiait d’aucune protection sociale. On vivait à 12 dans une maison, loyer pour une chambre avec un lit superposé : 600 euros/mois (quand on est étudiant, c’est provisoire et folklorique, quand on bosse, c’est autre chose).
Ce système, d’une violence intense, aussi bien sociale que physique (forte opposition entre nationaux et étrangers, entre riches et pauvres, binge drinking très répandu,… ), « craque de partout », encore plus qu’ailleurs. A force d’avoir attiré, grâce à ces régimes fiscaux intéressants, des multinationales hypermobiles, l’Irlande se retrouve aujourd’hui, en période de crise, avec un taux de chômage qui explose, des entreprises qui foutent le camp les unes après les autres, et une masse de travailleurs qui, depuis 10 ou 15 ans, n’ont presque pas cotisés à la sécurité sociale. Et après ça, on voudrait nous faire applaudir d’avoir attiré Google et Microsoft en Wallonie.
Aujourd’hui, les vrais utopistes, les vrais idéologues, les rêveurs, ce sont les libéraux, qui restent attachés à un système qui a prouvé son inefficacité. Non seulement, sur un plan humain, moral, l’individualisme forcené et la compétition à tout prix sont franchement discutables. Mais en plus, d’un point de vue purement pragmatique, économique, les pays où les services publics sont les plus forts, où une véritable sécurité sociale existe, sont ceux qui s’en sortent le mieux face à la crise.
Afin de créer des emplois durables dans les deux sens du terme, respectueux de l’environnement, et non délocalisables, à long terme, soutenons le Green New Deal, à la Région comme à l’Europe ! Les vrais défenseurs des services publics, ceux qui se sont opposés à toutes les libéralisations au Parlement Européen, ce sont les Verts !
Alors, plus que jamais, votons Ecolo le 7 juin ! Nicolas Parent, 1er suppléant à la Région sur Huy-Waremme, et Olivier Bierin, 2eme suppléant à l’Europe
Oli.
